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Écotaxe poids lourds : ce qui se décide en ce moment sur l'A35 et l'A31

6 min de lecture · 6 octobre 2026

L'Alsace avance vers une taxe kilométrique sur l'A35, et le Grand Est prépare la sienne sur l'A31. Les véhicules de plus de 3,5 tonnes sont visés, quelle que soit leur immatriculation. Ce qu'on sait, et ce qui n'est pas encore tranché.

Le sujet revient depuis plus de dix ans et il a longtemps semblé enterré. Il ne l'est plus : deux décrets publiés durant l'été 2026 encadrent désormais les taxes poids lourds que les collectivités peuvent instituer, et deux territoires avancent concrètement.

Ce que les décrets ont posé

Ils précisent les catégories de véhicules concernées, les niveaux de taxation selon les émissions de dioxyde de carbone, et les règles de recouvrement en cas d'impayé. Ce ne sont pas des taxes nationales : ce sont des cadres que chaque collectivité peut activer sur son réseau.

L'Alsace, la plus avancée

La Collectivité européenne d'Alsace s'est prononcée sur le principe de sa taxe — le R-Pass — pour une mise en œuvre envisagée au 1er janvier 2027, sur l'A35. L'ordre de grandeur évoqué publiquement est d'environ quinze centimes du kilomètre.

Le point qui change tout pour un transporteur de passage : les véhicules de plus de 3,5 tonnes sont visés quelle que soit leur immatriculation. Ce n'est pas une taxe sur les transporteurs alsaciens, c'est une taxe sur les kilomètres parcourus sur ce réseau — y compris les vôtres.

Le Grand Est suit, et l'A31 pèse plus lourd

La Région Grand Est prépare son propre dispositif, également annoncé à partir de 2027. Les axes cités comprennent l'A31, l'A30, l'A33 et l'A313, ainsi que plusieurs routes nationales. L'A31 est l'un des grands corridors nord-sud européens : si elle est taxée, l'effet dépasse largement les transporteurs de la région.

Ce qui n'est pas tranché, et qu'il ne faut pas anticiper trop vite

  • Les montants définitifs et les modulations selon les émissions.
  • Les modalités exactes de perception et d'équipement embarqué.
  • Les éventuelles exonérations ou abattements.
  • Les dates d'entrée en vigueur réelles, qui ont déjà glissé par le passé.

Méfiez-vous des calculs d'impact qui circulent déjà : tant que les barèmes ne sont pas publiés, ils reposent sur des hypothèses. Ce qui est en revanche certain, c'est que le coût au kilomètre d'un trajet passant par ces axes va changer.

Ce qu'un transporteur peut faire dès maintenant

  • Identifier la part de vos kilomètres annuels qui emprunte ces axes. C'est une donnée que peu d'entreprises ont sous la main, et c'est elle qui dira si le sujet vous concerne vraiment.
  • Vérifier que vos contrats permettent une révision tarifaire en cas de nouvelle taxe. Une clause absente, c'est une charge que vous absorberez seul.
  • Intégrer l'hypothèse dans votre prix de revient, en la traitant comme une variable et non comme un montant figé.

Le premier point est le plus utile et le plus négligé : savoir combien de vos kilomètres passent réellement par l'A35 ou l'A31. C'est une analyse de vos tournées passées, pas une prévision — et c'est exactement le genre de travail qu'on mène pendant la formation, sur vos propres données.

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